Procès Imam Ndao : « J’ai prié pour que mon fils meurt en martyr »

Procès Imam Ndao : « J’ai prié pour que mon fils meurt en martyr »

Massamba Diop, père du présumé recruteur des combattants sénégalais Moustapha Diop a été entendu, ce mardi, à titre de renseignement par la Chambre cr

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Massamba Diop, père du présumé recruteur des combattants sénégalais Moustapha Diop a été entendu, ce mardi, à titre de renseignement par la Chambre criminelle spéciale. Âgé de 70 ans, Diop, menuisier charpentier, a béni le combat de son fils auprès des combattants de l’islam.

« Il a sollicité mes prières en me faisant savoir son vœu le plus cher de perdre la vie sur le champ de bataille. Parti en Libye, il m’a contacté au téléphone et m’a manifesté ce vœu de mourir comme un martyr sur le chemin de l’islam. C’est ce que je lui ai souhaité. Quand je l’ai vu, la dernière fois, il m’informait ce jour-là de son désir d’aller en Arabie Saoudite. Quelques temps après il m’a informé qu’il était en Libye. C’est en décembre 2016 que j’ai appris qu’il a été tué en Libye. », dit-il.

« Il voulait mourir en martyr »
Selon le vieux Diop, « c’est au retour de ses études que Moustapha Diop s’est octroyé le surnom Abou Khatim ».

Il poursuit : « Il m’a informé au cours de nos échanges qu’il allait faire des jihad. Il était déjà en Libye et m’a demandé de prier pour lui pour qu’il obtienne la Shâhada (le rang de martyr) pour aider ses frères musulmans. J’ai prié pour lui afin que Dieu l’assiste dans ses œuvres. Je ne m’étais pas opposé à son projet, je lui ai donné le feu vert. J’ai joué mon rôle de père, je l’ai mis à l’école coranique, il a amassé beaucoup de connaissances islamiques au cours de ses études. Et si au terme de ses études, il m’a informé de sa volonté de poursuivre ses projets, je ne pouvais pas m’y opposer. À la limite ce serait pareille que de plonger son téléphone portable dans une bassine d’eau et de s’attendre à ce qu’il en ressorte intacte », dit-il.

Lors de cette audition, Massamba Diop est revenu sur une conversation téléphonique avec son fils, parti en Libye. « Au cours d’un de ses appels téléphoniques, j’ai entendu mon fils Alioune, lui demander si c’est eux que les Américains cherchent. Et Moustapha, lui a répondu à son tour, qu’eux aussi traquaient les Américains. Ensuite, il a demandé à son petit frère de me demander de tout abandonner pour rejoindre la Libye. Alioune lui a dit que j’étais vieux et que je pouvais plus à me âge faire le djihad. Il a alors demandé à son petit frère de le rejoindre, mais ce dernier n’a pas accepté ».

« Le djihad est un pilier de l’islam »
Invité par les juges à apprécier les propos de son fils qu’il venait de raconter, Massamba Diop a défendu la cause de son fils. « Je ne l’avais pas pris au sérieux. En plus, je ne vais demander à personne d’y aller. Nous comptons beaucoup de religieux au Sénégal. Si eux ne sont pas allés faire le djihad, Dieu ne nous en tiendra pas rigueur. J’estime que le jihad est un pilier de l’islam. Dieu dit qu’il prévoit pour les personnes qui ont investi leur vie et leurs biens sur le chemin d’Allah, le rang de martyr. En menant le jihad, ils vont tuer et peuvent être tués. Il m’a dit que tenter de barrer la route à une personne désireuse d’aller mener le jihad est pareil à lui interdire de se rendre à la mosquée pour prier. Il m’a cité des hadiths (paroles prophétiques) pour étayer ses propos », répond-il aux juges.
seneweb

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