Croatie : Renvoyé au pays, Nikola Kalinic peut se nourrir de regrets

Croatie : Renvoyé au pays, Nikola Kalinic peut se nourrir de regrets

L’attaquant croate a été renvoyé au pays dès le début de la Coupe du monde pour avoir refusé d’entrée en jeu face au Nigeria. Manquant ainsi la marche

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L’attaquant croate a été renvoyé au pays dès le début de la Coupe du monde pour avoir refusé d’entrée en jeu face au Nigeria. Manquant ainsi la marche triomphale des «Vatreni». A jamais maudit.

 

 

Un destin à la Pete Best. Le cinquième Beatles. Celui qui est au début de la folle aventure mais qui rate l’apothéose, le triomphe. Nikola Kalinic restera à jamais le 23e Croate. Celui qui aurait pu disputer une finale de Coupe du monde. Voire mieux. Il restera celui qui a dit non. De quoi nourrir des regrets à vie…

Samedi 16 juin. La Croatie débute son Mondial face au Nigeria. 86e minute du match. Les joueurs au Damier mènent 2-0. Le sélectionneur, Zlatko Dalic, demande à l’attaquant du Milan AC d’entrer en jeu à la place de Mario Mandzukic. Surprise. Kalinic refuse, prétextant un mal de dos. Deux jours plus tard, la sanction tombe. Il est exclu du groupe, prié de quitter sur le champ le camp de base de la Croatie à Roshchino. Un billet sans retour.

En conférence de presse, Dalic se montre implacable. Réquisitoire. «Lors du match contre le Nigeria, Kalinic s’est échauffé et aurait dû entrer en jeu en seconde période, mais il a dit qu’il n’était pas prêt parce qu’il ressentait encore son problème au dos, comme il l’avait fait contre le Brésil, en Angleterre, en disant qu’il n’était pas prêt. Il a également dit le même chose pour l’entraînement hier. Trois fois, donc. Je l’ai accepté calmement, et comme j’ai besoin de joueurs aptes, prêts et en bonne santé, j’ai pris cette décision. Je le remercie et il est rentré à la maison.»

Des refus répétés motivés par son mécontentement d’être cantonné au rôle de doublure de Mandzukic
La presse croate est au soutien du sélectionneur. Révèle que ces refus répétés sont en fait motivés par le mécontentement de l’attaquant de 30 ans (42 sélections) vis-à-vis de sa situation de remplaçant. Sans réel espoir, dans l’ombre de la vedette Mario Mandzukic, de bousculer la hiérarchie. Titulaire lors des deux matches de barrage face à la Grèce, Kalinic n’a plus débuté une rencontre avec sa sélection depuis une défaite en amical face au Pérou, le 24 mars. Et il le vit mal, très mal.

Une désillusion de trop au terme d’une saison noire. Prêté par la Fiorentina au Milan AC, il a été pris en grippe par les supporters de son nouveau club. Les causes ? Il a marqué un but contre son camp lors de la finale de coupe d’Italie contre la Juve (déroute 0-4) et, surtout, ses nombreux échecs face au but. Les tifosi le sifflent à chacune de ses apparitions, à ses moindres actions sur le terrain…

Vingt-quatre jours sont passés depuis son éviction. Depuis, Nikola Kalinic ne s’est pas exprimé. Ni regret, ni remord. Loin de la Russie et de la marche triomphale de ses ex-partenaires, l’attaquant, qui a participé aux Euro 2008, 2012 et 2016, négocie son départ de Milan. Il serait très proche de l’Atlético Madrid. Mais, en Croatie, tout le monde s’en moque. Il est le paria.

Son exclusion a eu un effet hautement bénéfique sur la sélection croate
Les supporters des « Vatreni » devraient pourtant le remercier. Son exclusion – qualifiée de «tremblement de terre» par les journalistes croates, – a eu un effet hautement bénéfique sur leur sélection. Elle a rétabli l’ordre, consolidé l’autorité du sélectionneur. Le groupe s’est resserré, renforcé. L’ambiance s’est apaisée. Pour trois matches de phase finale – Danemark, Russie, Angleterre – remportés après prolongation (et tirs au but pour les deux premiers) par une équipe soudée. Inaltérable.

Quoi qu’il arrive dimanche, les héros de tout un peuple seront ensuite accueillis en grande pompe à leur retour à Zagreb. Une hystérie semblable à celle qui régnait à chacune des apparitions des Beatles. Nikola «Pete Best» Kalinic ne la savourera pas. Il sera peut-être chez le psy à réfléchir aux conséquences d’un orgueil mal placé. A la supériorité de l’élan collectif sur les caprices de starlette.

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