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Booba-Kaaris : l’épilogue du « clash » de l’été attendu

Les retrouvailles entre les deux rappeurs, qui s’étaient retrouvés par hasard à l’aéroport d’Orly, avaient dégénéré en bagarre générale.

Une bagarre générale bien médiatisée dans un terminal de l’aéroport d’Orly, un séjour en prison, et un procès début septembre : l’épilogue du « clash » de l’été entre les rappeurs Booba et Kaaris est attendu mardi 9 octobre, avec la décision du tribunal de Créteil.
Le 6 septembre, le procureur a requis un an de prison avec sursis contre ceux qu’il avait qualifiés de « petits-bourgeois du clash ». Booba, figure du rap français, et Kaaris, son ancien protégé, ne seront pas présents au tribunal pour entendre le jugement, ont fait savoir leurs avocats.

Les deux hommes de 41 et 38 ans et leurs gardes rapprochées avaient été placés en détention provisoire après la bagarre collective dans l’aéroport parisien début août, avant d’être libérés trois semaines plus tard avec une interdiction de quitter le territoire, que le tribunal a levée dans l’attente du jugement.

Booba, qui habite Miami depuis 10 ans, y a rejoint ses deux jeunes enfants. Il devrait rentrer en France quelques jours avant un concert prévu le 13 octobre à la U Arena de Nanterre, la plus grande salle d’Europe.

Des images peu flatteuses
Brouillés depuis quelques années, Booba et Kaaris ne se voyaient plus, mais se narguaient régulièrement sur Internet à coups de piques, photos-montages ou vidéos menaçantes.

Eloquentes, les vidéos de leurs retrouvailles ne sont flatteuses pour personne : Booba, flacon de parfum au poing, qui frappe un proche de Kaaris, ce dernier caché derrière un rayon d’une boutique duty-free qui jette des objets sur un proche de Booba… Puis des coups de pieds au sol, des coups de poings sur la tête, un peu de sang…

Au final, des blessés légers dans chaque camp, des vols retardés et plus de 50 000 euros de casse, le tout devant des passagers éberlués filmant la scène, qui tournera en boucle sur les réseaux sociaux et les chaînes d’information.

Requisitions échelonnées

« N’y avait-il pas moyen que cela se termine autrement ? », a soupiré la juge pendant le procès. « Je me suis défendu, tout simplement », a répondu Booba, « c’est vraiment pas ma faute », a dit Kaaris.

Devant une salle comble, lors d’une audience qui s’est étirée jusqu’à 2 heures du matin, les rappeurs ont joué l’apaisement et présenté leurs excuses, laissant au soin de leurs avocats de s’écharper pour imposer leurs vérités au visionnage des vidéos de la bagarre.

C’est Kaaris « qui se lève et va au contact », c’est Booba qui « porte le premier coup de pied », a tranché le procureur. Mais qu’importe, ces deux « pères de famille », « chefs d’entreprise », sont surtout « tous deux responsables » d’avoir perdu « toute lucidité » de peur de devenir « la risée d’internet ».

Contre leurs neuf proches jugés en même temps, il a échelonné ses réquisitions selon la gravité des violences et leurs antécédents judiciaires : relaxe pour un membre du clan Booba resté à l’écart, entre six mois d’emprisonnement avec sursis et huit mois ferme pour les autres.

« Tout ça est grotesque »

La rencontre entre les rappeurs qui devaient embarquer sur le même vol pour Barcelone, était « fortuite » selon le procureur qui a rejeté l’hypothèse d’un « guet-apens » ou d’un « coup marketing », mais « ne pouvait que se conclure par une confrontation physique ». Car, à force de « clashs » publics, Booba et Kaaris « se sont créé des personnages forts, puissants, violents, excessifs et déterminés », a-t-il estimé. Dans ce contexte, « baisser les yeux, détourner le regard, ignorer l’autre, c’est déjà perdre la face », a résumé le magistrat.

« On peut considérer que tout ça est grotesque, c’est des enfantillages », a admis Booba. Kaaris et lui n’ont en tout cas pas perdu le sens des affaires : tous deux ont sorti ces derniers jours de nouveaux titres, dont ils font allégrement la promo sur les réseaux sociaux. Sans, pour l’instant, se provoquer l’un l’autre.

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