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Naufrage du bateau le Joola: 17 ans déjà

Le Joola est le ferry qui assurait la navette entre la capitale sénégalaise et la région naturelle de Casamance. Il sombre le 26 Septembre 2002 causant 1 863 morts et disparus selon le bilan officiel . Les associations de familles de victimes évaluent le nombre de morts à plus de 2 000, en toutes hypothèses, plus que le naufrage du Titanic (1 500 morts), constituant ainsi l’un des naufrages les plus meurtriers de l’histoire en temps de paix à ce jour. Il n’y a que 65 survivants. Le Joola était conçu pour transporter 536 passagers.

Aujourd’hui, les familles des victimes replongeront dans leur deuil éternel. 17 ans après le naufrage du Joola, le mal est toujours aussi profond, les sentiments absorbés par les tourments du passé. Ce naufrage rappelle toujours des erreurs, des contradictions, des accointances et des négligences graves, qui ont provoqué la mort d’au moins 1863 personnes. Quoi de neuf ? Depuis 17 ans, les mêmes discours sont servis, les mêmes intentions entonnées et les mêmes promesses rééditées. Que reste-t-il de cette tragédie ? Le projet de mémorial est toujours dans les tiroirs, les pupilles de la Nation ont grandi, certains sont devenus bacheliers.

Les poursuites judiciaires

En 2003, la justice sénégalaise classe le dossier, concluant à la seule responsabilité du commandant de bord, disparu dans le naufrage. Le gouvernement sénégalais indemnise les familles des victimes d’une somme de 19 000 euros. Des responsables officiels sont licenciés, sans être poursuivis. Le rapport officiel d’enquête est publié le 4 novembre 2002.

En août 2003, une information judiciaire est ouverte en France pour homicides involontaires par violation délibérée des règles de prudence ou de sécurité, blessures involontaires par violation délibérée des règles de prudence ou de sécurité, et non-assistance à personne en péril, à la suite d’une plainte de familles de victimes, parmi lesquelles figure le seul rescapé français Patrice Auvray. En octobre 2014 est rendue une ordonnance de non-lieu par les juges d’instructions du tribunal d’Evry, au motif de l’existence de dispositions internationales applicables à ce naufrage qui les empêchent d’engager des poursuites en France contre sept responsables sénégalais civils et militaires. L’ordonnance est confirmée par la cour d’appel en 2016, les juges constatant l’existence de charges suffisantes contre ces sept hommes, protégés toutefois par une « immunité de juridiction » qui leur permet d’échapper à la compétence des tribunaux français. Le 16 octobre 2018, la Cour de cassation valide cette analyse.

Et ce vendredi 26 septembre 2019, les familles des victimes répéteront à nouveau la même symphonie par rapport à un certain nombre de leurs exigences non encore satisfaites. Et ce, par devoir de mémoire pour les disparus, pour leur président Moussa Cissokho rappelé tout récemment à Dieu, et pour qu’il n’y ait également plus jamais ça !

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